LETTRE A MES ENFANTS

Mes petits loups,

Maman va bien. Maman va tellement bien. Je crois que si vous n’étiez pas dans ma vie, je n’irais pas si bien car je n’aurais jamais compris qu’avant vous, j’étais mal.

Votre maman a pris la décision d’aller tous les jours de mieux en mieux. Les autres ne comprennent pas, les autres ont du mal à intégrer qu’une maman a besoin de penser à elle, avant de penser à ses enfants.

On peut aussi le faire en parallèle. Les autres me trouvent dure dans mon éducation, me jugent parfois trop « détachés ». Mais si ils savaient que je fais tout cela pour qu’a jamais, nous soyons liés.

Si je ne vais pas bien, vous n’allez pas bien. Si je ne m’occupe pas de votre éducation maintenant, j’aurais du mal à m’en occuper quand vous aurez 10 ou 15 ans et rattraper ce que j’aurais délaissé auparavant. Il y a des points sur lesquels on ne peut pas revenir, l’éducation en fait partie.

Votre maman a ressenti parfois du vide, beaucoup de tristesse et de la fatigue, tellement de fatigue.

Sans honte, je vous le dis que parfois, j’aurais aimé d’un claquement de doigt, vivre une journée de ma vie d’avant. Ma vie où l’insouciance était présente, où mon temps n’était pas si précieux et ma vie n’avait d’importance que pour pour moi. Ma vie avec vous est devenue une grosse responsabilité, mon temps compté et inexistant pour moi-même. Quand t’a l’importance de ma vie… j’ai tellement eu peur à l’idée que vous puissiez grandir sans moi, que j’ai eu peur de mourir chaque jour.

Pourtant c’est moi qui est choisie de vous avoir dans ma vie, moi qui vous attendait, qui imaginait notre futur.

On est jamais assez préparé à cette vie de maman. J’ai donnée tout ce que j’avais pour vous, mon corps, mes nuits, mes journées, mes siestes, mes pensées, mon temps libre, mes gâteaux, mes bonbons…J’ai fais de vous ma priorité en m’oubliant parfois. Et j’aimerais ne jamais vous dire un jour cette phrase horriblement culpabilisante qui freinera votre vie: « j’ai tout fais pour toi ».  Et c’est bien pour cela que j’ai choisie de m’occuper de moi avant que vous ne soyez grand.

Avouer cela est honteux pour certaines, on a pas le droit de dire que l’on aime nos enfants mais qu’on craque parfois sinon la brigade des mamans parfaites débarquent pv à la main.

mais… c’est tellement vrai que l’on a toute pensé à s’enfermer une après midi entière pour chialer en silence dans la salle de bain loin du bruit et des pleurs. Que l’on a toute rêvé d’une après-midi entre copines sans gosses.

C’est tellement vrai…mais personne n’ose le dire.

Quand j’ai choisie d’aller mieux, je savais pourquoi je le faisais. Je le faisais pour vous, mais aussi pour moi.

Pour que je puisse avoir la force de vous porter, que je puisse avoir la force de vous amuser, de vous faire rire, de vous enseigner. Je ne suis pas la meilleure des ménagères, la meilleure des cuisinières ni la meilleure des mères. Mais j’ai fais le choix d’être celle qui vous donnera la possibilité d’être vous-même.

Celle que vous prendrez plaisir à visiter lorsque je serais vieille. Celle qui vous accompagnera vers l’épanouissement personnel et à faire ce que vous avez envi avec ce que vous possédez intérieurement pour le faire.

En attendant je me délecte de chaque moment passé avec vous, même si j’aimerais les figer ailleurs que dans mon téléphone.je me régale de vos mots, votre odeur, de vos fous rire, de vos câlins.

Je fronce les sourcils parfois, je vous reprends sur des choses insignifiantes pour vous mais qui vous servirons plus tard. J’ai à coeur de vous offrir la possibilité d’avoir le choix lorsque vous serez adulte. C’est un travail de collaboration que l’on a entrepris ensemble et vous avez bien compris que la volonté et la détermination seront vos meilleures armes.

J’ai lu dernièrement qu’un enfant sage est un enfant anxieux et risque de présenter des signes de dépression à l’âge adulte. Cela peut rassurer les mamans qui ont des enfants que les instit’ disent « turbulents » et moi ça me conforte dans l’idée que ces articles n’ont rien de fondé, des pseudos  » recherches scientifiques financé par on ne sait qui » à l’heure où l’on est incapable de soigner certaines maladies.

« Les enfants sages sont des enfants qui n’osent pas s’affirmer, qui se pliera aux exigences des autres et n’ont pas de personnalités » à entendre certains. Ils ne vous connaissent pas dans la vraie vie, c’est certain…

Je suis heureuse de savoir que même si vous êtes parfois sages, parfois turbulents, vous allez bien et vous irez bien aussi plus tard, je n’avais pas besoin d’un article partagé aveuglément sur Facebook pour me le rappeler.

A toi maman qui craque parfois, ose dire que tu es fatigué, ose prendre soin de tes pensées et mettre un rouge à lèvre juste pour toi car te voir belle te fait du bien au moral, ose dire « cet après-midi, j’ai besoin de parler à quelqu’un », ose célébrer ton après-midi en solo en allant au ciné sans culpabiliser, ose maman ose…être heureuse.

Prends soin de toi. 

Aurélie

 

Crédit photo: styled stock society 

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